
La thyroïde est une glande située à la base du cou qui régule le métabolisme de nos cellules et de nos organes. Tout dysfonctionnement se répercute donc largement sur la totalité de notre organisme. Lorsque la thyroïde s’emballe, tout s’accélère. Inversement, une thyroïde en berne et nous vivons comme au ralenti.
La thyroïde, c’est quoi ?
La thyroïde est une petite glande située à la base du cou et plaquée sur la trachée. Elle a la forme d’un papillon, chaque lobe mesurant environ 5 cm de haut et 2 cm de large, et ne pèse qu’une vingtaine de grammes. Normalement, elle n’est ni visible ni palpable.
A quoi sert la thyroïde ?
La glande thyroïde sécrète des hormones thyroïdiennes (T3 et T4), qui jouent un rôle crucial dans notre organisme et à de nombreux niveaux : développement cérébral du fœtus et du jeune enfant, croissance osseuse, stimulation de la consommation d’oxygène par les tissus, régulation de la température corporelle, de l’humeur, du rythme cardiaque, transformation des graisses et des sucres, etc. On comprend que tout dysfonctionnement de cette glande entraîne de multiples répercussions sur notre santé en général et notamment sur notre humeur, notre poids, notre cœur, notre digestion, notre croissance, notre vie sexuelle…
Hypo ou hyperthyroïdie ?
La production des hormones thyroïdiennes est sous l’influence d’une autre hormone produite par l’hypophyse : la TSH ou thyréostimuline. Si la thyroïde produit trop d’hormones, on parle d’hyperthyroïdie, tandis que si elle en produit insuffisamment, c’est l’hypothyroïdie.
Les troubles de la thyroïde sont-ils fréquents ?
Les maladies de la thyroïde sont très fréquentes, avec quelque 740 personnes touchées dans le monde et plus de 6 millions de Français. Plus de 400 millions d’être humains seraient atteints d’une insuffisance de la thyroïde, tandis que 20 millions souffriraient d’une forme sévère d’hyperthyroïdie et 200 millions pour les formes modérées.
Les troubles de la thyroïde concernent essentiellement des femmes, notamment au moment de la grossesse ou de la ménopause.
Quels sont les symptômes de l’hypothyroïdie ?
L’hypothyroïdie se traduit par un ralentissement de toutes les fonctions de l’organisme. Il fonctionne comme au ralenti. Les signes d’hypothyroïdie sont nombreux et plus ou moins perceptibles :
Fatigue
Somnolence
Prise de poids
Frilosité
Humeur instable, dépression
Rythme cardiaque lent
Baisse de la libido
Peau sèche
Ongles et cheveux cassants
Chute de cheveux
Pertes de mémoire, ralentissement intellectuel
Douleurs articulaires ou musculaires
Pâleur
Diminution du goût et de l’odorat
Règles anormales...
Quels sont les symptômes de l’hyperthyroïdie ?
En cas d’hyperthyroïdie, le phénomène inverse se produit, l’organisme fonctionne en accéléré :
Hyperactivité
Irritabilité, nervosité
Insomnie
Transpiration abondante
Intolérance à la chaleur
Amaigrissement en dépit d’une hausse de l’appétit
Faiblesse musculaire
Yeux exorbités
Augmentation du rythme cardiaque
Hypertension
Palpitations
Tremblements des mains
Chute des cheveux
Diarrhées…
Quelles sont les causes de l’hyperthyroïdie ?
- La maladie de Basedow est la cause la plus fréquente d’hyperthyroïdie. Cette maladie auto-immune s’attaque à la thyroïde provoquant des palpitations, une augmentation de la fréquence cardiaque, un état de fatigue et de transpiration excessive. Des yeux exorbitants ou une saillie anormale du globe oculaire représentent une des graves complications de la maladie de Basedow.
- Le stress peut déclencher une hyperthyroïdie transitoire, et notamment le stress généré par une grossesse.
- Le goitre, gonflement de la région antérieure du cou, est dû à une augmentation importante de la taille de la thyroïde, se traduisant notamment par des difficultés à avaler et une voix enrouée.
- Certains médicaments (lithium, dopamine…) ont des effets secondaires sur la glande thyroïde.
- Une alimentation carencée en iode (la synthèse des hormones thyroïdiennes nécessite de l’iode).
- Un cancer de la thyroïde.
- Un adénome de la glande thyroïde (nodules bénins) peut aussi être à l’origine d’une hyperthyroïdie.
- Le tabagisme est un facteur aggravant.
Quelles sont les causes de l’hypothyroïdie ?
- Une inflammation de la glande thyroïde ou thyroïdite auto-immune est une cause d’hypothyroïdie.
- Un dysfonctionnement de l’hypophyse, laquelle n’indique plus à la thyroïde qu’elle doit sécréter des hormones thyroïdiennes.
- Un traitement de l’hyperthyroïdie à l’iode radioactif (ralentissement de la production des hormones thyroïdiennes).
- Un trouble congénital de la thyroïde.
- Une infection virale de la thyroïde.
- Certains médicaments.
- La grossesse car les besoins en iode sont augmentés (hypothyroïdie temporaire).
Iode et sélénium ou comment prévenir un trouble de la thyroïde
La carence en iode est bien connue pour aboutir à un dysfonctionnement de la glande thyroïde. Ceci n’a rien d’étonnant puisque l’iode est nécessaire à la fabrication des hormones thyroïdiennes.
L’apport journalier recommandé en iode pour un adulte est de 150 mcg (il monte à 200 mcg en cas de grossesse et d’allaitement). L’utilisation de sel iodé en cuisine contribue à cet apport dans les pays industrialisés, mais on trouve également de l’iode dans le poisson, les fruits de mer et les produits laitiers.
Il est également recommandé de veiller à des apports suffisants en sélénium, car la carence en cet oligoélément augmente le risque de thyroïdite (inflammation de la thyroïde). Consommer du sélénium aide également à contrôler l’hyperthyroïdie en réduisant la production d’hormones. On en trouve dans les germes de blé, le poulet, le poisson, la viande rouge et les graines de tournesol.
Comment dépister une anomalie de la thyroïde ?
Le dépistage d’un trouble thyroïdien s’établit sur la base des symptômes, mais la confirmation passe par un simple dosage sanguin de la THS (hormone hypophysaire qui contrôle la thyroïde) et des hormones thyroïdiennes, notamment la T4 (thyroxine).
La détection d’anticorps antithyroïdiens indique la présence d’une maladie de Basedow. Une scintigraphie de la thyroïde peut aussi permettre de détecter une inflammation de la thyroïde ou une hyperactivité de celle-ci.
Quel est le traitement d’une hypothyroïdie ?
Le traitement consiste à suppléer les hormones produites en quantité insuffisante par la thyroïde. On prescrit généralement de l’hormone T4 de synthèse. L'objectif est de normaliser la TSH, d'où des dosages répétés toutes les 8 à 12 semaines en début de traitement, puis une fois l'équilibre atteint une à deux fois par an. Attention, des doses trop élevées peuvent provoquer une hyperthyroïdie. Enfin, certaines situations diminuent les besoins en T4 et nécessitent donc des adaptations : l'avancée en âge, les fortes chaleurs. Inversement, certains médicaments par exemple et la grossesse, augmentent les besoins.
En cas d’inflammation de la glande thyroïde, des anti-inflammatoires sont préconisés. D’autres médicaments peuvent être prescrits pour atténuer les symptômes.
Quel est le traitement d’une hyperthyroïdie ?
Il existe des médicaments capables de freiner la production des hormones thyroïdiennes. En attendant qu’ils agissent et assurent un bon contrôle hormonal, d’autres médicaments peuvent être prescrits afin de diminuer les symptômes de l’hyperthyroïdie (ex. la fréquence cardiaque).
Si ce traitement est insuffisant, on recourt à l’iode radioactif, qui, en détruisant certaines cellules de la thyroïde, permet d’abaisser la production hormonale. Mais il faut savoir que la prise en charge par l’iode radioactif mène souvent à la situation inverse : l’hypothyroïdie. Celle-ci est alors corrigée par l’administration d’hormones thyroïdiennes de substitution.
En dernier recours ou lorsque les traitements ci-dessus sont contre-indiqués (ex. grossesse), la solution radicale est chirurgicale, avec l’ablation totale ou partielle de la glande thyroïde.
Et si c’était un nodule de la thyroïde ?
Un nodule de la thyroïde correspond à une petite protubérance sur la glande thyroïdienne. Très fréquents, les nodules sont généralement asymptomatiques et découverts fortuitement à l’échographie. Se pose alors la question : faut-il les enlever ou pas ? Il faut savoir qu’il existe deux types de nodules : les nodules chauds qui ne sont quasiment jamais cancéreux mais qui peuvent provoquer une hyperthyroïdie, et les nodules froids qui sont parfois cancéreux. Seule une cytoponction ou une scintigraphie fera la différence. Dans tous les cas, une surveillance s’impose et s’il s’agit d’un nodule cancéreux, celui-ci sera ôté par chirurgie.
Auteur : Institut Moncey
Sources : « Le bouclier du bien-être, les secrets de la thyroïde », Dr Ollivier Laccourreye et coll., Editions de Fallois. « C’est la thyroïde docteur ? », Dr Gabrielle Cremer, Editions Alpen. « Nouvelle médecine », Centre Duke, Editions Robert Laffont.
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