L’hypertension artérielle correspond à une pression trop élevée du sang dans les artères. Celle-ci varie normalement sous l’effet du stress ou lors d’un effort physique par exemple. En cas d’hypertension, elle reste élevée en permanence. Le problème est que l’hypertension artérielle expose à un risque cardiovasculaire accru (accident vasculaire cérébral, infarctus…). Il est donc nécessaire de la diagnostiquer et de la prendre en charge.
Qui est concerné par l’hypertension artérielle ?
Plus de 10% des Français sont hypertendus, soit quelque 7 millions de personnes ayant une tension artérielle anormalement élevée. Toutefois, on estime que 30% l’ignorent et ne sont en conséquence pas soignés. Paradoxalement, les Français sont les premiers consommateurs de médicaments antihypertenseurs.
A noter que la pression artérielle s’accroît normalement avec l’âge. D’où l’intérêt de surveiller régulièrement sa tension artérielle passé la cinquantaine, voire la quarantaine.
On estime que 50% des femmes et 30% des hommes âgés de 65 à 75 ans sont hypertendus (OMS). On remarque cependant que de plus en plus de sujets sont touchés…
Chez une personne jeune, c’est le débit cardiaque qui est augmenté, tandis que chez la personne âgée, c’est plutôt la résistance des artères qui s’accroît.
Quels sont les symptômes de l’hypertension artérielle ?
L’hypertension ne s’accompagne généralement d’aucun symptôme ! Dans les rares cas où elle se manifeste, on peut repérer les signes suivants : maux de tête légers, bourdonnements d’oreilles (acouphènes), vertiges, saignements de nez, fatigue, confusion, fourmillements dans les mains ou les pieds, troubles de la vue (éblouissements), voire une gêne à la respiration (indiquant une atteinte du cœur) ou des urines très abondantes (atteintes des reins).
Pourquoi fait-on de l’hypertension ?
Dans la majorité des cas, aucune cause n’est retrouvée. L’hypertension peut en effet reposer sur une multitude de facteurs liés à l’âge, à l’hérédité et au mode de vie (tabac, alcool, sédentarité, obésité, stress, alimentation trop salée, etc.). Certaines maladies peuvent aussi favoriser la survenue d’une hypertension : trouble rénal, endocrinien, déformation congénitale de l’aorte… Enfin, c’est aussi le cas de certains médicaments (corticoïdes) ou contraceptifs.
Quels sont les chiffres de l’hypertension artérielle ?
On parle d’hypertension lorsque la pression artérielle systolique (PAS) est supérieure ou égale à 140 mmHg et/ou lorsque la pression artérielle diastolique (PAD) est supérieure ou égale à 90 mmHg. Ce qui donne en cm de mercure (cmHg) : 14 / 9.
La pression systolique correspond à la période de contraction du cœur et donc à l’éjection du sang dans les artères. La pression diastolique, elle, correspond à la période de relâchement des ventricules.
Attention, les mesures de la tension artérielle doivent être réalisées au cabinet médical et confirmées au cours de trois consultations successives sur une période de 3 à 6 mois, chaque consultation comprenant au minimum deux mesures, en position assise depuis quelques minutes et en position debout.
Qu’est-ce que l’effet blouse blanche ?
La simple vue du médecin tend à faire monter la tension artérielle. C’est ce que l’on appelle l’effet « blouse blanche ». Ce phénomène doit être pris en compte lorsque l’on mesure la tension artérielle au cabinet du médecin. Ces variations de la tension artérielle (stress, émotions, effort physique) expliquent pourquoi les mesures doivent être répétées et espacées, avant de conclure à une réelle hypertension (tension artérielle trop élevée en permanence).
Quelles sont les conséquences de l’hypertension ?
L’hypertension artérielle expose à des complications cardiovasculaires : insuffisance cardiaque, infarctus du myocarde, accident vasculaire cérébral, insuffisance rénale, lésion de la rétine, etc.
L’hypertension artérielle faisant partie des facteurs de risques cardiovasculaires, la décision de traiter une hypertension dépend bien sûr des chiffres tensionnels, mais aussi du risque cardiovasculaire global, lequel se calcule justement à partir des autres facteurs de risque.
Quel est mon risque cardiovasculaire global ?
Il vous suffit de comptabiliser vos facteurs de risques cardiovasculaires :
- infarctus du myocarde ou mort subite avant 55 ans chez le père ou chez un parent du 1er degré de sexe masculin.
- infarctus ou mort subite avant 65 ans chez la mère ou chez un parent du 1er degré de sexe féminin.
- accident vasculaire avant 45 ans.
- LDL-cholestérol > 1,60 g/l.
- HDL-cholestérol < 0,40 g/l.
Résultat :
(PA : pression artérielle)

Globalement, dès que l’on cumule 3 facteurs de risque, voire plus, ou un diabète, le risque est très élevé. Il l’est également dès que la pression artérielle atteint 18/11.
Mais en deçà, il est aussi très important de minimiser sa tension artérielle : retenez que toute baisse contribue à éloigner les complications (infarctus, accident vasculaire cérébral et autres maladies coronaires graves).
Quel est le traitement de l’hypertension artérielle ?
Le traitement repose sur des mesures hygiéno-diététiques. Bien menées, elles sont très efficaces pour abaisser la tension artérielle et permettent de limiter les médicaments, voire de les éviter !
Néanmoins, si après 3 à 6 mois, cette hygiène de vie n’a pas permis une baisse tensionnelle suffisante, un médicament antihypertenseur devra y être associé.
Quelles sont les mesures hygiéno-diététiques efficaces pour diminuer la tension artérielle ?
Elles reposent essentiellement sur des habitudes de vie plus saines.
Ces grandes règles d’hygiène de vie sont recommandées à toute personne hypertendue, quelle que soit l’importance de son hypertension (légère, modérée ou sévère), et qu’un traitement médicamenteux lui soit, ou non, prescrit en parallèle.
Quels sont les médicaments antihypertenseurs ?
Il existe 5 classes de médicaments antihypertenseurs :
A savoir :
- Si après 4 semaines le traitement initial reste insuffisant, un second médicament est associé.
- En l’absence totale de réponse à un médicament, il convient de changer de classe thérapeutique.
Quel est l’intérêt de l’automesure ?
L’automesure (on mesure soi-même sa tension artérielle à son domicile) permet de suivre l’évolution de l’hypertension et l’efficacité du traitement.
Il est fortement recommandé d’utiliser un autotensiomètre homologué par l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) : consultez la liste en ligne sur le site www.afssaps.fr.
Comment procéder ?
Le Comité français de lutte contre l’hypertension a formulé les conditions optimales de l’automesure : en position assise, 3 mesures le matin avant le petit-déjeuner et 3 mesures le soir après le dîner pendant 3 jours de suite. C’est ce que l’on appelle la « règle des 3 ».
Attention, le seuil de l’hypertension est de 140 / 90 au cabinet médical et de 135 / 85 à domicile !
Enfin, l’automesure ne remplace pas les mesures faites au cabinet du médecin.
Auteur : Institut Moncey
Sources : Recommandations de la Haute autorité de santé (HAS), actualisées en 2005. Comité français de lutte contre l’hypertension artérielle, www.comitehta.org.
Source image : Fotolia